La malédiction du Carmagnole
|
-Ah! Vous voici! Bonjour Commissaire. Salve Vertigo. D'emblée Commissaire, l'affaire est grave ! Je vous présente un ami personnel, membre du très célèbre Campiello dont la réputation n'est plus à faire. A la nouvelle du meurtre de San Giacomo dell'Orio, mon ami, qui était par ailleurs en relation avec la victime, est venu me trouver et me dévoiler la malédiction du Carmagnole. - Permets-moi, Corto dis-je alors. Vitement les faits, Commissaire. Voici quelques temps maintenant, j'ai acheté chez un antiquaire réputé, place du Sablon à Bruxelles, une énorme liasses d'écrits provenant de votre ville. Dans tout ce fatras, j'ai découvert le journal d'un vieux moine, le frère Ambrogio qui relate une malédiction proférée par le Carmagnole peu avant son supplice. Il y est fait mention de douze assassinats, le douzième sonnant la fin de la Sérénissime. Par jeu, je me suis mis à la recherche de ces meurtres. J'ai retrouvé trace de dix meurtres inexpliqués et mystérieux commis ces derniers siècles à Venise, meurtres dont certains détails récurrents me font croire qu'ils renferment un lien étrange avec la malédiction. Cette recherche n'était qu'un simple jeu sans importance pour moi, jusqu'à l'assassinat du Dottore Baldinato ! Le onzième et avant-dernier, s'il faut en croire la malédiction, à présenter les mêmes troublantes singularités, à savoir la tête tranchée, les membres inférieurs calcinés et le bâillon protégeant l'annonce écrite de la prochaine victime. C'est pour cela que je me suis permis de déranger mon ami Corto. Le commissaire qui s'était tourné vers la fenêtre dès le début de mes hésitantes explications, abandonne lentement la vue du Grand Canal et sort de sa poche intérieure un épais étui en cuir noir. |
|
|
- C'est donc vous que je dois féliciter pour tout ce ramassis fantaisiste! Me grince-t-il tout de go en allumant un gros cigare de piètre qualité. Et maintenant vous voudriez que je me rende chez le maire pour lui annoncer, ni plus ni moins, que le Carmagnole en personne va se pointer du fond du Moyen-âge, la margoulette sous le bras et les pieds grillés, pour lui régler son compte et réduire Venise en poussière ! Non, mais est-que vous vous imaginez un peu la tête de Cacciari et pensez à...la mienne !?! Restons sérieux!
|
|
|
- Monsieur, il ne s'agit pas du maire, articule lentement Corto. Notre assassin quel qu'il soit vise...plus haut. Avez-vous lu la presse du jour? indiquant du menton la une du Corriere della Sera couchée sur une vénérable crédence du XVIIIème. |
|